Publié par : kimoki | 21 octobre 2009

Girafe girafette girafons

deux girafes

Girafe, girafette, girafons grimpent gaillardement.

* Grande girafe gravit glacis gravillonné, gorge goîtreuse grognant. Grossière guitoune : guerrier gît geignant grimaceries.
* Gironde girafette guérit gendarme : goulûment gurgite geyser glacé. Gabegie ! Gnafron grave, grattant guérite grisâtre, gifle gent’d'armes gaga.
* Géniale grimpette ! girafons grège, gigotant, griffant, gosiers gavés…

Grotte.

Gourou.

Graphonnant, grifaillant, grand gypaète gris gronde gourgandine.

  • Une histoire empêchée, écrite par Blu Cypang le 21 octobre 2009, en tautogramme.
Publié par : kimoki | 9 octobre 2009

La girafe bleue et la mouche-dragon

La girafe bleue n’a pas effacé de son cœur son fiancé lointain rencontré près de la cascade jaillissante. Mais des serments échangés lors de la fête des lanternes sont-ils garants d’une affection indéfectible et sans nuage ? Kilin-san a repris l’avion, après avoir posé tendres baisers, promesses susurrées et caresses multipliées sur le long cou de sa demoiselle bleue éplorée.

girafe_libellule

Comme tant d’autres Butterfly, Blue Giraffa n’arrive pas à oublier. Ses larmes indigo lui cernent gravement les yeux.

- Viens avec moi te promener et te changer les idées, lui marmotte la vieille cousine GiRose, rhumatisante et néanmoins compatissante… Rien de tel que l’observation minutieuse de la nature, les spéculations sur plus petit que soi pour s’aérer la tête !

Et là, quel spectacle ! La girafe bleue découvre l’étonnant ballet irisé des odonates. L’une d’entre elles vient voler près de sa tête ébahie, puis se présente.
- Je me nomme Mouche-Dragon. Éphémère et bénéfique, j’accompagne l’esprit des guerriers sur les champs de bataille. Mais tout autant, me révèrent les paysans car j’annonce de fécondes récoltes. Sais-tu le goût subtil de la fleur ?
Et celui de l’instant ?

L’histoire ne dit pas si la girafe bleue changea et si son cœur en fut plus serein. On sait qu’elle aime toujours et plus que jamais tout ce qui est bleu, la vie, les choses, la musique.

  • une histoire écrite par Blu Cypang, le 9 octobre 2009. Photomontage de Kimokicontes.

Sources des images : Motifs de tissus © J-Life international – Girafe bleue photo Kimokicontes – Dragonfly and fuchsia, photo zedzap sur flickr Creative commons, 2008.

Publié par : kimoki | 1 octobre 2009

Honorable Heurtebise

combat

Honorable Heurtebise, hoir honteusement honni (humble hère hirsute), huchant huit habitants hallucinés :
- Holà! heureux hommes, hébergerez-vous Heurtebise hors-la-loi ? Habilissime Henry hier humilia Heurtebise. Haro! hallali! Heurtebise hui haut honneur hissera.

Hospitalier hameau…
Herbert, haillons enleva, habillant héroïque homme, harnachant haquenée.
- Ha! Héros, Ha!…
Havir humain hachis haineux, hégémonie hypocrite,
Haler harpe héraldique, humaine harmonie.

Hardi! Heurtebise hutin hurlant, Heurtebise hilare, hissant hast, heurte Henry, hâve, hypnoïde…

Ha! hélas, Heurtebise, hautain héritier.

  • Une histoire empêchée, écrite par Blu Cypang le premier octobre 2009, en tautogramme.

Source image : Base Mandragore.

Publié par : kimoki | 17 septembre 2009

Projet 7 Ricochet : c’est en route…

autumn purple

Écrire, illustrer, créer pour la jeunesse, et favoriser les rencontres. C’est là l’ambition du “Projet 7″, nom de code un peu sibyllin pour l’instant. Textes et images vont vite lui donner du sens.

C’est la septième année, l’âge de raison dit-on. Mais aussi, dans le vocabulaire de presse “un marronnier”. Dès la rentrée, pour les habitués, cela frémit, quand l’annonce va-t-elle tomber ?
Depuis 2003, à l’initiative du Forum Ricochet, des illustrateurs et auteurs en littérature de jeunesse se rencontrent pour monter des projets virtuels. Le thème change chaque année, les règles du jeu sont collégialement définies et le tout est plein de surprises et de découvertes. Si vous avez envie de participer, tout est là, sur le blog dédié : http://projet7.canalblog.com/

Blu C. a participé aux projets 5 (le secret) et 6 (histoires en chaussettes), avec Yukiko et le secret du chrysanthème (images : Germaine Caillou) et Le rêve de Pomme (images : Miss Trop). Tentez vous aussi l’aventure, plume ou pinceau. À bientôt !
——
Source image : Photo par Lyubov, licence Creative Commons.

Nous voilà partis, en ce 31 août 2009, quatrième journée mondiale du blog, en UniversalLang BlogDay, en Leet speak 31ogDay, pour un voyage dans la grande forêt du web. Oui, tout le monde parle d’océan, mais nous préférons, pour aujourd’hui, évoquer la forêt.

La contrainte est légère et stimulante : cinq blogs à recommander aux voyageurs du web, autant que possible éloignés de l’environnement du blog prescripteur. Pour les règles précises, c’est là. Alors, on s’y plie et on remballe celui-ci, pourtant fort intéressant, car trop connu (7 200 citations sur un site très connu de folksonomie) : Strange maps. Vous ne connaissiez pas ? allez vite faire un tour, on va partir !

Allons-y…

  • D’abord, Krapo arboricole

krapo_arboricole

Le sous-titre indique, comme une pancarte indicatrice : À la recherche des arbres vénérables… “Nul n’entre ici s’il n’est amoureux des Muses, des mythes et de l’harmonie du monde”. Vous êtes prévenus. Il y a beaucoup à lire, à voir et à admirer. Je vous le souhaite. J’avoue que je n’ai pas encore exploré beaucoup krapo arboricole mais je vais me rattraper. Je l’avais bien soigneusement rangé dans ma musette avec d’autres matériels de conteurs, mais il est temps que je m’y perde aussi, avec ou sans cailloux blancs.

  • Puis Un mot par jour

un_mot_par_jour

Là, ce sont des mots comme on les aime, inusités, spécialisés, singuliers. Leur amoncellement baroque a quelque chose de monstrueusement disproportionné, quand on songe à la pauvreté du vocabulaire couramment utilisé. Un mot par jour déposera chaque jour (ou presque), comme le laitier de naguère, un vocable étrange, quasi impénétrable à votre porte, assorti de sa clé. Les commentaires des amoureux de la langue y sont particulièrement savoureux.

  • De la légèreté, maintenant, avec Rob Ryan et ses papiers découpés

rob_ryan

Des situations comme on en rencontre dans les contes, des amoureux fous, environnés de chants d’oiseaux et vivant dans les arbres, et une virtuosité extravagante. N’hésitez pas à tirer la clochette qui tinte au pays de misterrob et visitez le blog de Rob Ryan, pour l’inspiration et le plaisir !

  • Encore un blog, Ann Wood, qui a peut-être à voir avec la forêt mais qui regorge d’inventivité, de créativité et de réalisations bluffantes.

ann_wood

Je suis tombée par hasard sur ce blog en passant par bookhoucraftprojects et y ai découvert un superbe château en carton à faire rêver tous les enfants… et adultes ayant laissé des talismans dans leur contrée d’enfance. Suivez ce chemin pour le blog d‘Ann Wood, et ce fil flickerisé pour le château…

  • Et le dernier, Writting matters qui n’a rien à voir, mais il faut bien dépayser les voyageurs, surtout s’ils sont déjà errants.

writing_matters

Terriblement efficaces, ces conseils pourront se révéler pour d’aucuns une lecture fort profitable, quoiqu’un peu catégorique. Difficile de couper court, plus moyen de se cacher… Mais l’humour est toujours salvateur et s’il n’y avait que ce seul article : je continuerai à recommander WritingMatters. Imparable pour l’écriture web !

BlogDay

Ah ! quelle belle idée que cette Journée mondiale du blog ! c’est le quatrième anniversaire du 310gDay (BlogDay) et l’ayant ignoré aux précédentes éditions, j’y souscris, au dernier moment mais avec une détermination et une curiosité grandissantes.

Rendez-vous dans deux jours, le 31 août, pour une proposition de cinq blogs intéressants à découvrir. Pas ceux que je regarde couramment, ou qui parlent d’histoires et de contes, mais d’autres, qui valent, pour de multiples raisons, le détour. Plein d’autres bloggeurs feront de même et le web va en vroombir d’aise !

Pour en savoir plus, faites un tour sur le site officiel de l’événement et faites vous aussi une sélection pointue et étonnée.

Publié par : kimoki | 8 août 2009

Le chemin d’Eurydice, Oimè !

Εὐρυδίκη ! Εὐρυδίκη !

Eurydice ! Qui en parle, autrement que pour la dire perdue ? qui l’évoque, sous un autre jour que celui de l’irrémédiable absence ?

poussin_detail

Les chants d’Orphée ont séduit son âme de dryade car sans doute étaient-ils aussi vrais que la sève, aussi grisants que les vents. Lui trouva en Eurydice l’épouse, dit-on.

Émue, frêle, dansante, couronnée de fleurs, elle était l’image de la beauté, de la jeunesse, du bonheur. Le temps suspendu frémissait, prisonnier, entre les cordes d’Orphée.

poussin_paysage_orphee

Et dans ce temps suspendu se glisse la faille, la blessure, l’irrémédiable, l’instant funeste. Un cri.
L’épousée, mordue par un serpent, va quitter la scène. La musique s’assourdit, le corps s’affaisse. Pas de douleur, plutôt une sourde pulsation dans le corps hébété, d’où la vie sourd lentement.
——
Source image : Nicolas Poussin, Paysage avec Orphée.

Publié par : kimoki | 23 juin 2009

L’enfant et la symbolique du conte

grenouille et boeuf

La fraîcheur et la capacité d’invention des enfants est toujours étonnante, et fait d’autant plus impression sur l’adulte quand il la voit à l’œuvre. Quel régal par exemple de lire les histoires inventées par une classe sur le thème des contes étiologiques. J’aurai l’occasion d’y revenir une autre fois.

Un enfant habitué à entendre des contes pourra, généralement, en raconter lui-même et même, très facilement, en inventer.

On se rend compte que la structure du conte, ses itérations, les situations et actions symboliques qui permettent d’arriver au dénouement sont intégrées naturellement et ce, très tôt. C’est la maîtrise du langage par l’enfant qui permet à l’adulte de vérifier cette appropriation des règles de composition du conte. La transposition, avec d’autres acteurs, d’autres schèmes, se fait simplement, et illustre bien ce que l’on a appelé “la mécanique du conte”. En voici un exemple, écho d’une création spontanée d’une fillette de quatre ans, en interaction avec un adulte.
L’incitation à raconter a suivi pour elle l’écoute de l’histoire de la grenouille à grande bouche. Ce n’était pas la première fois qu’elle l’entendait, car elle lui avait déjà été racontée à l’école. Voir ici un exemple de travail sur ce conte en petite section de maternelle.

Une autre histoire de la grenouille à grande bouche

E: La grenouille a grande bouche marche et elle rencontre
- une fleur
- bonjour, je suis la grenouille à grande bouche. Et toi, qu’est-ce que tu manges ?
- des grenouilles à petite bouche.
Bon, alors elle s’en va et marche encore.

Elle rencontre
- un bracelet
- bonjour, je suis la grenouille à grande bouche. Et toi, qu’est-ce que tu manges ?
- …
[A: des perles, ça va, non ?]
E : oui, des perles
Bon, alors elle s’en va et continue à marcher.

Elle rencontre
- un lampadaire
- bonjour, je suis la grenouille à grande bouche. Et toi, qu’est-ce que tu manges ?
- des enfants
Le lampadaire rencontre un enfant et le mange.
[A: ah mais alors, comment il va sortir ?]
- c’est un bricoleur qui vient et le délivre avec sa scie.

La grenouille continue son chemin et elle rencontre
- une casserole
- bonjour, je suis la grenouille à grande bouche. Et toi, qu’est-ce que tu manges ?
- des grenouilles à grande bouche. Et elle l’avale.
[A: ah mais alors, comment elle va sortir ?]
- elle fait un trou avec ses grandes dents et elle sort.
et l’histoire est finie.

(E : enfant. A : adulte.) La création a été très spontanée, pleine d’humour. Le plaisir pour l’enfant d’utiliser des objets à la place d’animaux, d’aller du modèle à l’histoire inventée, tout en incorporant sans difficulté des éléments empruntés à d’autres contes merveilleux était évidente. Dans la racontée, le lampadaire est arrivé après les trois premières rencontres (fleur, bracelet, casserole). Il a été déplacé avec l’accord de l’enfant et intégré, en séquence additionnelle, pour garder au conte la progression vers la scène finale de dénouement heureux.

  • Une histoire partagée, inventée par C. (4 ans) le 19 juin 2009.
Publié par : kimoki | 7 juin 2009

La marionnette et l’expérience de la liberté

d’où viens-je ? où vais-je ? qui me dirige ? regardez…

Crédits : spectacle de Philippe Genty. Voir le site officiel Compagnie Philippe Genty

Publié par : kimoki | 24 avril 2009

Anciens métiers, le bois et la forge

bucheron-et-bucheronne

Pour conter, il est bon de cultiver la connaissance de ce dont on parle, aller au plus près de ce que l’on peut en apprendre, rechercher des traces, des explications, des évocations. Le meunier, le forgeron, la fileuse… Si l’on peut, mettre dans son vécu des perceptions qui nourrissent. Pour intégrer ce qu’est un géant, un vrai géant de conte, je travaille d’abord sa taille. (Plus tard, viendra sa gueule sanguinolente aux crocs acérés). Dans la rue, je lève les yeux vers les arbres aussi hauts que les immeubles de six étages qu’ils bordent et j’essaie d’imaginer un être comme ça. Ça prend du temps.

Farrebique

Parfois, on trouve des petits trésors qui aident à nourrir une mémoire ancienne, rurale, que l’on n’a pas et qu’il faut rapiécer à l’aide de livres au lieu de vécu. Alors vive les anciennes cartes postales, les Farrebique et Biquefarre réalisés par Georges Rouquier dans l’Aveyron, les rencontres de trésors vivants. Car comment savoir, même un peu, ce que ressent Poucet quand il part dans les bois, ou pieds nus, ou en sabots

Dans ce dossier des archives de la Télévision suisse romande : Ces métiers qui refusent de disparaître vous trouverez aussi de quoi nourrir votre imaginaire, remplir vos gestes, peupler quelques-uns de vos contes en cours de travail. D’une durée de 2 à 45 mn environ, on accède ainsi à un ensemble de 15 documentaires sur un sabotier, des bûcherons du Risoud, tavillonneurs, forgerons, etc.

Ils sont maréchaux-ferrants, typographes, tavillonneurs, dactylos, outilleurs… Leur métier change sous la pression des innovations technologiques. Des savoir-faire qui risquent de disparaître avec ces métiers d’un autre âge. Et pourtant, tant bien que mal, ces artisans s’adaptent aux nouvelles contraintes du monde du travail.

La Givrine, Monts du Jura

Sources des images : détail d’une vignette de l’Alphabet des enfants sages, Pellerin à Épinal, 1874 – image du film Farrebique, coll. du MoMA – photo retravaillée par filtres, La Givrine, par GenevaLife (flickr / creative commons)

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