Εὐρυδίκη ! Εὐρυδίκη !
Eurydice ! Qui en parle, autrement que pour la dire perdue ? qui l’évoque, sous un autre jour que celui de l’irrémédiable absence ?
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Les chants d’Orphée ont séduit son âme de dryade car sans doute étaient-ils aussi vrais que la sève, aussi grisants que les vents. Lui trouva en Eurydice l’épouse, dit-on.
Émue, frêle, dansante, couronnée de fleurs, elle était l’image de la beauté, de la jeunesse, du bonheur. Le temps suspendu frémissait, prisonnier, entre les cordes d’Orphée.
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Et dans ce temps suspendu se glisse la faille, la blessure, l’irrémédiable, l’instant funeste. Un cri.
L’épousée, mordue par un serpent, va quitter la scène. La musique s’assourdit, le corps s’affaisse. Pas de douleur, plutôt une sourde pulsation dans le corps hébété, d’où la vie sourd lentement.
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Source image : Nicolas Poussin, Paysage avec Orphée.
