Publié par : kimoki | 23 juin 2009

L’enfant et la symbolique du conte

grenouille et boeuf

La fraîcheur et la capacité d’invention des enfants est toujours étonnante, et fait d’autant plus impression sur l’adulte quand il la voit à l’œuvre. Quel régal par exemple de lire les histoires inventées par une classe sur le thème des contes étiologiques. J’aurai l’occasion d’y revenir une autre fois.

Un enfant habitué à entendre des contes pourra, généralement, en raconter lui-même et même, très facilement, en inventer.

On se rend compte que la structure du conte, ses itérations, les situations et actions symboliques qui permettent d’arriver au dénouement sont intégrées naturellement et ce, très tôt. C’est la maîtrise du langage par l’enfant qui permet à l’adulte de vérifier cette appropriation des règles de composition du conte. La transposition, avec d’autres acteurs, d’autres schèmes, se fait simplement, et illustre bien ce que l’on a appelé « la mécanique du conte ». En voici un exemple, écho d’une création spontanée d’une fillette de quatre ans, en interaction avec un adulte.
L’incitation à raconter a suivi pour elle l’écoute de l’histoire de la grenouille à grande bouche. Ce n’était pas la première fois qu’elle l’entendait, car elle lui avait déjà été racontée à l’école. Voir ici un exemple de travail sur ce conte en petite section de maternelle.

Une autre histoire de la grenouille à grande bouche

E: La grenouille a grande bouche marche et elle rencontre
une fleur
– bonjour, je suis la grenouille à grande bouche. Et toi, qu’est-ce que tu manges ?
– des grenouilles à petite bouche.
Bon, alors elle s’en va et marche encore.

Elle rencontre
un bracelet
– bonjour, je suis la grenouille à grande bouche. Et toi, qu’est-ce que tu manges ?
– …
[A: des perles, ça va, non ?]
E : oui, des perles
Bon, alors elle s’en va et continue à marcher.

Elle rencontre
– un lampadaire
– bonjour, je suis la grenouille à grande bouche. Et toi, qu’est-ce que tu manges ?
– des enfants
Le lampadaire rencontre un enfant et le mange.
[A: ah mais alors, comment il va sortir ?]
– c’est un bricoleur qui vient et le délivre avec sa scie.

La grenouille continue son chemin et elle rencontre
une casserole
– bonjour, je suis la grenouille à grande bouche. Et toi, qu’est-ce que tu manges ?
– des grenouilles à grande bouche. Et elle l’avale.
[A: ah mais alors, comment elle va sortir ?]
– elle fait un trou avec ses grandes dents et elle sort.
et l’histoire est finie.

(E : enfant. A : adulte.) La création a été très spontanée, pleine d’humour. Le plaisir pour l’enfant d’utiliser des objets à la place d’animaux, d’aller du modèle à l’histoire inventée, tout en incorporant sans difficulté des éléments empruntés à d’autres contes merveilleux était évidente. Dans la racontée, le lampadaire est arrivé après les trois premières rencontres (fleur, bracelet, casserole). Il a été déplacé avec l’accord de l’enfant et intégré, en séquence additionnelle, pour garder au conte la progression vers la scène finale de dénouement heureux.

  • Une histoire partagée, inventée par C. (4 ans) le 19 juin 2009.
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